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Sylvain Le Guen

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éventail de Mademoiselle Mallarmé

 
 
éventail de Mademoiselle Mallarmé
 
 
 
Cet éventail est inspiré du poème "éventail de Mademoiselle Mallarmé", en hommage à son auteur Stéphane Mallarmé (voir plus bas)
Feuille composée de soufflets de cuirs très fins contre-collés sur du papier de riz à inclusions d'or que viennent lécher des flammes de soie peintes en dégradées ; le haut de la feuille découpé de manière asymétrique est composé de peau très fine plissée, peinte en pointillés (techniques mixtes : acrylique, dorure à chaud à l'or fin...), et gaufré des trois mots "battement", "délice", et "frissonne".
Monture en laiton poli incrusté de serpent rouge et cristaux Swarovski.
Rivure terminée d'une dragonne chaînette en laiton, et d'un anneau de serrage incrusté de cristaux.
Petit livre format carnet de bal, pleine reliure serpent, demi-lunes laiton incrustées de cristaux FireOpal et intérieur fleur cuir rose (signé Martine Mélin).
Pièce présentée à l'exposition "autour de Mallarmé, la reliure..." qui a eu lieu du 20 sept. au 22 déc. 2008 au Musée Mallarmé de Vulaines-sur-Seine.
Ensemble réalisé en collaboration avec Annie Vincent, artiste peintre sur soie à Saillans, et Martine Mélin, relieuse d'art à Romans-sur-Isère et initiatrice du projet.


Ô rêveuse, pour que je plonge

Au pur délice sans chemin,

Sache, par un subtil mensonge,

Garder mon aile dans ta main.

 
 

Une fraîcheur de crépuscule

Te vient à chaque battement

Dont le coup prisonnier recule

L'horizon délicatement.

 
 

Vertige ! voici que frissonne

L'espace comme un grand baiser

Qui, fou de naître pour personne,

Ne peut jaillir ni s'apaiser.

 
 

Sens-tu le paradis farouche

Ainsi qu'un rire enseveli

Se couler du coin de ta bouche

Au fond de l'unanime pli !

 
 

Le sceptre des rivages roses

Stagnants sur les soirs d'or, ce l'est,

Ce blanc vol fermé que tu poses

Contre le feu d'un bracelet.


 
Stéphane Mallarmé - 1887

 
© Christian de Vrièze & Sylvain Le Guen